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Les détaillants ne peuvent pas ignorer les questions de salubrité des aliments lorsqu’ils incitent les producteurs à réutiliser les caisses de plastique

Une troisième étude plus poussée sur les caisses de plastique utilisées pour l’expédition des fruits et légumes frais à travers le Canada fait état d’une certaine amélioration en matière de manutention, mais révèle qu’il existe toujours des problèmes de salubrité, comme des quantités élevées de bactéries aérobies, de levures et de moisissures et la présence d’E. coli.

Des études ayant relevé des non-conformités dans les méthodes de lavage et démontré que des biofilms subsistent aux méthodes habituelles de nettoyage industrielles ont déjà amené des scientifiques du domaine de l’alimentation à affirmer que la réutilisation des caisses de plastique pour le transport des denrées alimentaires « revenait à courir au désastre » et que les bactéries vivantes observées sur ces caisses représentaient « une preuve irréfutable ».

les caisses de plastique

L’étude la plus récente, coordonnée par le Dr Keith Warriner, professeur de microbiologie alimentaire à l’université de Guelph, a été menée à différents endroits en Colombie-Britannique (avec le Dr Siyun Wang de l’université de Colombie-Britannique), en Ontario et au Québec. Le Dr Warriner a aussi dirigé d’autres études canadiennes en 2013 et 2014. Ses résultats ont été reproduits et confirmés par des études panaméricaines de l’université de la Californie (Davis) et du Centre de sécurité alimentaire de l’université de l’Arkansas.

Certaines améliorations ont été notées lors de la dernière étude; l’absence de caisses brisées, par exemple, et un moins grand nombre de caisses portant des autocollants ou des étiquettes apposés par les utilisateurs précédents. Les transformateurs avaient commencé à retourner les caisses sales. L’incidence plus faible d’indicateurs fécaux pourrait être le reflet de meilleures pratiques de manutention, selon l’étude, mais le nombre total de caisses qui ne passent pas le test de numération bactérienne aérobique a augmenté. Ces résultats élevés sont inacceptables et ne sont pas conformes aux normes reconnues relatives aux surfaces qui entrent en contact avec les aliments, affirme le Dr Warriner.

Ce dernier fait remarquer que le principal fournisseur de caisses de plastique, IFCO, a refusé de dévoiler les normes ou les critères sur lesquels il se base pour juger de la salubrité d’une caisse depuis l’instauration des tests indépendants de caisses réutilisables en Ontario et au Québec en 2013. Les scientifiques du domaine de l’alimentation, les détaillants et les consommateurs doivent pouvoir être certains que les normes de désinfection sont basées sur des évaluations des risques appropriées, dit Warriner.

Il existe un autre problème, ajoute-t-il. Les caisses de plastique sont potentiellement porteuses d’organismes nuisibles et de phytoravageurs qui peuvent dévaster les récoltes des producteurs et être difficiles à irradier. La circulation relativement libre des caisses de part et d’autre des frontières constitue un maillon faible de notre système de biosécurité assurant la protection des cultures et des moyens de subsistance des agriculteurs, dit-il.

Les fruits et légumes bio, par exemple, sont largement considérés comme étant sans pesticides par le public. Cependant, des études récentes ont révélé la présence de pesticides sur presque la moitié des fruits et légumes frais bio. Les pesticides chimiques persistent beaucoup plus longtemps que les dangers biologiques, et s’ils sont présents, ils sont beaucoup plus difficiles à éliminer par le lavage.

 

REMARQUE : Le CEEPC est le représentant de l’industrie des caisses en carton ondulé pour les questions environnementales. Contrairement au système des caisses de plastique réutilisables, le système de caisses de carton ondulé permet de livrer tous les produits frais dans des boîtes neuves et désinfectées. Neuves ne signifie par qu’il faut couper des arbres. En fait, la plupart des caisses de carton ondulé faites au Canada sont faites à 100 % de matières recyclées qui proviennent en partie des caisses de fruits et légumes frais récupérées par les détaillants canadiens dans leur arrière-boutique et pour lesquelles ils reçoivent des sommes d’argent non négligeables.

Les caisses sont recyclées plusieurs fois au cours de leur vie et leur transformation en nouveaux produits est soumise à des normes strictes de contrôle des procédés. Au cours du procédé habituel de recyclage, la feuille de papier atteint une température variant entre 220 et 240  oF, c’est-à-dire bien au-dessus du point d’ébullition de l’eau (100 oC), soit la température requise pour la stérilisation. Le processus de transformation se fait aussi à haute température et requiert d’autres contrôles sanitaires.

En utilisant toujours de boîtes neuves, on minimise le risque de transmettre aux consommateurs des pathogènes et des bactéries indésirables. Une étude indépendante récente des caisses en carton ondulé utilisées pour le transport des fruits et légumes frais a démontré que le processus de fabrication du carton ondulé détruit les bactéries. Une autre étude publiée en février 2015 a révélé que chacune des 720 boîtes de carton ondulé fabriquées par six fournisseurs différents qui ont été testées dans les installations de six clients distincts dans trois différentes régions (le nord-ouest des États-Unis, la Californie et la Floride) a obtenu un niveau de désinfection acceptable.

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John Mullinder

John Mullinder, Executive Director, PPEC - Regular posts on environmental and sustainability issues impacting the Canadian paper packaging industry

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