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La bonne nouvelle, la mauvaise nouvelle et la triste vérité à propos du recyclage domestique en Ontario

La bonne nouvelle, c’est que les taux de récupération déclarés pour presque toutes les catégories de matières recyclables recueillies dans les boîtes bleues de l’Ontario ont augmenté au cours des 13 dernières années, jusqu’ à 20 points de pourcentage dans certains cas. La mauvaise nouvelle, c’est que plusieurs catégories ont fait bien peu de progrès et traînent loin derrière les autres, et que les taux de récupération véritables sont beaucoup plus bas que les taux déclarés.La triste vérité

Voici les notes que nous accordons à chaque groupe de matière recyclable d’après les données les plus récentes publiées par Intendance Ontario. Notez que nous ne visons pas à porter un jugement sur la valeur de chacune des matières, mais plutôt à évaluer dans quelle mesure on parvient à les récupérer grâce au système des boîtes bleues en Ontario. Il y a de toute évidence beaucoup de progrès à faire.

 


PAPIER IMPRIMÉ                                                            A 

Le papier imprimé a toujours été en tête de peloton. Son taux de récupération déclaré, qui était de 67 % en 2003, a aujourd’hui grimpé à 82 % (2015). Le taux de récupération des vieux journaux et des vieux annuaires téléphoniques est dans les 90 %. Un peu derrière, le papier d’impression et d’écriture tire la catégorie du papier imprimé (Autres imprimés) vers le bas avec un taux de récupération qui, après avoir varié entre 39 et 59 %, s’établit maintenant à 55 %.

EMBALLAGES  DE VERRE                                           B+

Le taux de récupération déclaré de 80 % du verre transparent et coloré est impressionnant. Par le passé, on nous répétait invariablement que le verre aboutissait au dépotoir ou qu’il était utilisé comme remblais pour les routes. Au-delà du discours voulant que le verre se brise au cours du processus de collecte et qu’il contamine ainsi quantité d’autres matières recyclables, il semble que la récupération du verre se porte bien. Une bonne partie du verre récupéré se retrouve actuellement dans les abrasifs et les matières filtrantes plutôt que dans les usages plus haut de gamme comme la fibre de verre et le cullet, qui doivent répondre à des exigences de qualité plus élevée.

EMBALLAGES DE PAPIER ET DE CARTON                B 

Les vieilles caisses de carton ondulé ont le taux de récupération le plus élevé de toutes les matières recueillies dans les boîtes bleues (98 %). On observe un taux plus bas pour les autres cartons : le taux de récupération des cartons à pignon a bondi de 10 à 61 %, et le carton pour boîtes est récupéré à 43 %. Viennent ensuite les cartons aseptiques (faits de papier, plastique et aluminium) et les laminés. Le taux de récupération relativement faible du vieux carton pour boîtes est préoccupant. Celui-ci avait atteint 65 % en 2008, mais il a chuté à 43 % par la suite. Intendance Ontario a fait une campagne publicitaire  sur la récupération du carton axée sur les boîtes de dentifrice, les tubes des rouleaux de papier hygiénique, les boîtes de papier mouchoirs et les autres emballages de produits d’hygiène personnelle en 2015.

EMBALLAGES EN ACIER                                                B 

Le taux de récupération le plus récent pour les boîtes à denrées en acier (nourriture et boissons) est un respectable 71 %. D’autres emballages en acier comme les aérosols et les pots de peinture tirent vers le bas l’ensemble de la catégorie des emballages en acier (10 %). En fait, les pots de peinture sont les seuls emballages récupérés dans les boîtes bleues ayant connu une diminution du taux de récupération au cours des 13 dernières années.

EMBALLAGES  EN ALUMINIUM                                  D 

Le faible taux de récupération déclaré pour les contenants de nourriture et de boissons en aluminium en Ontario (42 %) a toujours été une sorte d’énigme et il a souvent comparé de manière défavorable aux taux beaucoup plus élevés (entre 61 % et 97 %) déclarés dans les provinces canadiennes qui pratiquent la consigne. L’une des explications possibles est que le taux de récupération des canettes en Ontario se rapporte uniquement aux canettes qui sont à la maison et qu’il n’inclut pas celles qui se trouvent dans les lieux publics, les bureaux et les usines. Les responsables de l’aluminium ont aussi indiqué des ventes aux ménages inférieures de quelques 13 % en 2015 aux données qui étaient habituellement suggérées à la suite de différentes vérifications des déchets domestiques. Mais même en tenant compte de cette différence, le taux de récupération déclaré atteint seulement 48 %. Il serait étonnant que les chasseurs de trésor qui fouillent dans les boîtes bleues ramassent les 52 % qui restent.

EMBALLAGES  DE PLASTIQUE                                     D 

Le taux de récupération déclaré pour les emballages de plastique a atteint 32 % en 2015. Le taux le plus élevé était celui des bouteilles en PET (66 %) et la plus grande augmentation au fil des ans provient de la catégorie « Autres plastiques », avec un taux de récupération déclaré d’une bouteille sur trois à l’heure actuelle. Cependant, si on exclut les bouteilles en PET et en PEHD, les taux de récupération du plastique sont faibles.


La triste vérité, cependant, en ce qui concerne tous les taux déclarés de récupération des boîtes bleues ontariennes, c’est qu’ils ne reflètent pas la réalité. Ce sont essentiellement des données sur ce qui est envoyé au recyclage qui se rapportent dans la plupart de cas à ce qui a été envoyé vers un marché de destination par une usine de recyclage ou installation de récupération. Ces taux de « récupération » ne sont pas corrigés en fonction des différentes pertes de rendement qui se produisent lors de la transformation en nouveaux produits des matières recueillies et ne tiennent pas compte des contaminants retirés (et normalement envoyés au dépotoir) avant le début du processus de transformation.

Par exemple, il faudrait réduire d’au moins 10 % toutes les données relatives au papier parce que les fibres de papier rétrécissent au cours du processus de retrituration. Lorsqu’une municipalité envoie 100 tonnes de papier à une usine de recyclage de papier, on retrouve seulement 90 % de cette matière à la sortie. Par ailleurs, en raison du mode de collecte unique, la contamination par le plastique, le verre et le métal des ballots de papier est beaucoup plus grande. Ça se retrouve habituellement au dépotoir. Il faudrait aussi réduire d’environ 30 % le taux de récupération déclaré des bouteilles de PET puisque les rendements du PET sur le marché de destination atteignent au mieux entre 60 et 70 %.

La récente tentative de l’Association canadienne de normalisation de débattre de cette question et d’établir une définition du recyclage ne répond pas à nos attentes et c’est l’une des raisons pour lesquelles le CEEPC est en train de développer une façon plus précise et réaliste d’évaluer quels produits de papier sont réellement recyclés en Ontario.

 

P.-S. Dans notre dernier blogue sur les Boîtes bleues, nous avons affirmé que «plus de 75 %» de ce qui a été recueilli dans les boîtes bleues de l’Ontario en 2015 était une forme ou une autre de papier. Le «fait alternatif» est 74,55 %. Pas loin, mais inexact. Désolé!

 

Reported Recovery Rates

 

Source: Analyse du CEEPC    à partir des données de 2003 à 2015 d’Intendance Ontario sur le programme des boîtes bleues.   

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John Mullinder

John Mullinder, Executive Director, PPEC - Regular posts on environmental and sustainability issues impacting the Canadian paper packaging industry

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