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Le papier et les matières organiques représentent près de 70 % des matières récupérées au Canada

Les efforts de réacheminement des déchets au Canada continuent d’être dominés par le recyclage du papier; selon les données les plus récentes de Statistique Canada, ce dernier représentait près de 40 % des matières récupérées en 2014. Les matières organiques venaient au second rang avec 30 %. Les autres catégories importantes, par unité de poids, étaient le métal et les matériaux de construction, de rénovation et de démolition.

Le plus gros changement depuis 2002 a été la forte augmentation du nombre de tonnes de matières organiques récupérées (hausse de 41 %) depuis que les provinces et les municipalités se préoccupent de détourner les restes de nourriture des dépotoirs. Si le matériel électronique ne représente qu’une petite partie de tout ce qui est récupéré (1 % du poids), celui-ci a connu, de loin, la plus impressionnante augmentation de tonnes récupérées pendant la même période (hausse de 634 %).

Dans notre prochain blogue, nous nous intéressons de plus près à la catégorie de récupération numéro un (le papier). Pour plus de renseignements, voir les autres articles de cette série : Les Prince-Édouardiens et les Britanno-Colombiens sont les meilleurs recycleurs du Canada (23 mai); Le Canada ne réachemine que 27 % de ses déchets (27 avril); et Les Canadiens jettent plus de déchets qu’avant, mais ils en jettent quand même moins! (19 avril)

des matières récupérées

Mise au point sur la bataille de la livraison des fruits et légumes

Même si la majorité des consommateurs l’ignorent, la livraison des produits de la ferme aux détaillants chez qui ils s’approvisionnent fait actuellement l’objet d’une dure bataille en Amérique du Nord. Dans cette lutte qui n’en finit plus s’affrontent la caisse traditionnelle en carton ondulé sur laquelle le nom du producteur est imprimé en couleurs et la caisse anonyme en plastique réutilisable, c’est-à-dire un système offrant une boîte neuve à chaque fois (ce qui réduit le risque de transmettre aux consommateurs des pathogènes et des bactéries indésirables) et une caisse qu’il faut laver à fond et désinfecter avant de la réutiliser. Dans ce débat économique et environnemental qui oppose le carton et le plastique se mesurent les partisans de la réutilisation et du recyclage.

Certains de ces enjeux ont récemment fait l’objet d’un article du quotidien Globe and Mail qui a eu pour effet d’ajouter à la confusion. Essayons d’y voir plus clair et de rétablir les faits :

  • Selon IFCO (un important fournisseur de caisses de plastique), les études scientifiques qui démontrent que les caisses de plastique réutilisables représentent des risques pour la salubrité des aliments sont « défaillantes » et comportent des « erreurs méthodologiques ».

RÉALITÉ : Plusieurs études indépendantes ont été menées depuis quelques années au Canada et aux États-Unis par des scientifiques réputés du domaine de l’alimentation, notamment par les universités de Guelph, de la Colombie-Britannique, de Californie à Davis et de l’Arkansas. Au moins une étude parmi celles-ci a fait l’objet d’un examen par les pairs et d’une publication dans une revue scientifique. Une étude en laboratoire a démontré la persistance de biofilms après les procédures habituelles de lavage des caisses de plastique et des études sur le terrain ont révélé la présence problématique de quantités totales élevées de levures et de moisissures aérobiques et d’E. coli sur des caisses qui avaient supposément été lavées. Selon l’article du Globe, les résultats de la dernière étude de l’Université de Guelph sont appuyés par le professeur Lawrence Goodridge, spécialiste des sciences de l’alimentation à l’Université McGill.

RÉALITÉ : IFCO n’a par contre financé aucune recherche indépendante, n’a pas présenté de résultats d’études internes pour examen public, a refusé de fournir des précisions sur les normes qu’elle juge acceptables et n’a répondu aux données des études citées plus haut que par des généralités et des remarques critiques. Si ses caisses sont aussi propres, pourquoi IFCO refuse-t-elle de dire publiquement sur quoi elle se base exactement pour tirer ces conclusions? Et pourquoi les détaillants comme ceux qui font la promotion des caisses de plastique, Loblaw et les agences d’inspection gouvernementales n’insistent-ils pas davantage pour qu’IFCO pour qu’elle dévoile publiquement ses procédures d’essai afin de permettre aux scientifiques du domaine de l’alimentation et aux consommateurs d’être certains que les caisses de plastique respectent des normes acceptables de désinfection?

  • La Reusable Packaging Association (une association américaine de fabricants et d’utilisateurs d’emballages réutilisables) affirme que l’industrie du carton ondulé a financé des essais sur la salubrité des produits de ses concurrents, mais qu’elle ne l’a pas fait pour ses propres produits.

RÉALITÉ : C’est faux. C’est de manière très ouverte que l’industrie du carton ondulé a mandaté des scientifiques indépendants spécialisés dans le domaine de l’alimentation pour mener les études mentionnées ci-dessus. L’industrie aurait souhaité qu’IFCO et des organismes publics participent au financement de projets de recherche conjoints sur les caisses de plastique et de carton ondulé, mais ni l’une ni l’autre n’ont offert leur soutien. L’industrie du carton ondulé a aussi testé ses propres produits. Une étude indépendante sur les caisses de carton indique que la chaleur du processus de fabrication des caisses de carton ondulé tue toutes les bactéries. Dans une autre étude, des tests ont été effectués sur 720 caisses de carton ondulé dans trois États américains et les résultats ont révélé que toutes les caisses avaient atteint des niveaux de désinfection satisfaisants.

  • La porte-parole de Loblaw, Mme Catherine Thomas, a affirmé que « chaque année, en utilisant des caisses de plastique réutilisables, on évite d’envoyer des millions de caisses de carton ondulé ciré dans les sites d’enfouissement ».

RÉALITÉ : C’est faux. Pour commencer, il est nettement exagéré de parler de millions de caisses. Les caisses en carton ondulé paraffiné représentent environ 3 % de l’ensemble de la production de caisses en carton ondulé et peut-être 10 % des caisses utilisées à l’heure actuelle pour la livraison de fruits et légumes frais. La paraffine forme une barrière contre l’humidité permettant, par exemple, d’ajouter de la glace dans les caisses pour conserver la fraîcheur de produits comme le brocoli pendant le transport. L’industrie du papier et du carton a stimulé le développement de solutions de rechange aux traitements à la paraffine et, en réalité, les ventes de ces produits de remplacement surpassent maintenant celles des produits cirés traditionnels. Les produits qui remplacent le carton ciré sont parfaitement retriturables et recyclables dans les usines qui recyclent les emballages partout en Amérique du Nord.

Loblaw et les autres épiciers devraient vérifier ce qui se passe vraiment dans leurs arrière-boutiques. On demande aujourd’hui à de nombreux épiciers de mettre les caisses de carton ondulé ciré à part des autres de façon à pouvoir les envoyer à des fabricants de bûches artificielles ou à des entreprises qui en extraient la paraffine. Évidemment, les magasins qui tirent profit de cette occasion n’envoient pas leurs caisses cirées au dépotoir.

Le Canada ne réachemine que 27 % de ses déchets

Pour ceux qui font la promotion d’une économie plus circulaire où l’on réutilise les matières à de nombreuses reprises au lieu de les jeter après utilisation, les plus récentes données de Statistique Canada remettent les pendules à l’heure en ce qui concerne le chemin qu’il nous reste à parcourir. Seulement 27 % de nos déchets sont actuellement détournés des sites d’enfouissement ou d’incinération. On se console en apprenant qu’au moins notre taux de réacheminement, qui était de 22 % en 2002, est en constante progression.

Les données portent sur les flux de déchets industriels, commerciaux et domestiques de papier, de plastique, de verre, de métaux, de textiles, de matières organiques (nourriture), de matériel électronique et d’électroménagers ainsi que sur les déchets provenant de la construction, de la rénovation et de la démolition comme le bois, le gypse, les portes, les fenêtres et le câblage. Les matières provenant du déblaiement des terrains sont exclues, ainsi que l’asphalte, le béton, les briques et le sable ou le gravier propres.

La seule « bonne » nouvelle, pensons-nous, c’est le recyclage qui se fait au pays est considérablement sous-estimé parce que ces données ne comprennent ni les tonnages des programmes de consigne et de remboursement provinciaux ni les produits de papier et de carton qui sont envoyés directement par les détaillants, par exemple, aux usines de recyclage au lieu de passer par un transporteur de déchets ou par l’administration locale. Le grand succès du recyclage au Canada (en hausse de 36 % depuis 2002) fera l’objet d’un prochain blogue.

En attendant, nous devrons nous contenter de ces mauvaises nouvelles. Comme nous l’avons fait remarquer dans notre blogue précédent sur le même sujet, la Nouvelle-Écosse (et la Colombie-Britannique dans une moindre mesure) est bien en avance sur les autres provinces. Les taux de réacheminement au Nouveau-Brunswick, en Alberta et au Manitoba ont diminué au cours des 12 dernières années.

Taux de réacheminement par province (2014)

Les Canadiens jettent plus de déchets qu’avant, mais ils en jettent quand même moins!

Nous sommes capables de faire une chose et son contraire… en même temps! Selon les données les plus récentes de Statistique Canada sur l’élimination des déchets, les Canadiens ont jeté 25,1 millions de tonnes de déchets en 2014, soit 1 million de tonnes de plus qu’il y a 12 ans. À ce chapitre, le tas de déchets du Canada grossit. Ce n’est pas une bonne nouvelle.

Cependant, étant donné que notre population a augmenté de 13 % depuis 2002, ce million de tonnes supplémentaire est réparti sur un plus grand nombre de personnes. Cela signifie qu’en tant qu’individus, les Canadiens envoient en réalité 8 % moins de déchets au dépotoir qu’avant. Il n’y a rien comme les statistiques pour nous faire bien et mal paraître en même temps!

Le sujet devient encore plus intéressant lorsqu’on examine la performance des provinces au cours de la même période. En termes de tonnage, c’est la Nouvelle-Écosse et l’Ontario qui ont obtenu les meilleurs résultats (en baisse de 6 % et 5 % respectivement), alors que l’Alberta et le Nouveau-Brunswick font mauvaise figure avec les pires résultats. Depuis 2002, la masse de déchets de l’Alberta a augmenté de 42 % et celle du Nouveau-Brunswick de 23 %. La Saskatchewan et le Manitoba ne sont pas loin derrière avec des hausses respectives de 18 % et 15 % .

Avec 386 kg par personne, c’est la Nouvelle-Écosse qui a la meilleure performance par habitant, et de loin. Viennent ensuite la Colombie-Britannique (586 kg), l’Ontario (670 kg), le Nouveau-Brunswick (673 kg), le Québec (696 kg), Terre-Neuve-et-Labrador (786 kg), le Manitoba (801 kg) et la Saskatchewan (839 kg). L’Alberta mène le bal des poubelles bien remplies en atteignant presque une tonne (997 kg) de déchets par personne.

De toute évidence, le Canada doit suivre l’exemple de la Nouvelle-Écosse s’il veut réduire la taille de ses tas de déchets. On ne sait pas dans quelle mesure le succès de la Nouvelle-Écosse est attribuable au fait que cette province interdit depuis longtemps la mise au rebut le papier et les matières organiques. Aucune autre province ne lui a encore emboîté le pas en cette matière. Pour ce qui est de l’Alberta, elle a du chemin à faire si elle ne veut pas rester à la traîne.

Déchets dans les décharges Un plus grand nombre de Canadiens Élimination des déchets par habitant

Les détaillants ne peuvent pas ignorer les questions de salubrité des aliments lorsqu’ils incitent les producteurs à réutiliser les caisses de plastique

Une troisième étude plus poussée sur les caisses de plastique utilisées pour l’expédition des fruits et légumes frais à travers le Canada fait état d’une certaine amélioration en matière de manutention, mais révèle qu’il existe toujours des problèmes de salubrité, comme des quantités élevées de bactéries aérobies, de levures et de moisissures et la présence d’E. coli.

Des études ayant relevé des non-conformités dans les méthodes de lavage et démontré que des biofilms subsistent aux méthodes habituelles de nettoyage industrielles ont déjà amené des scientifiques du domaine de l’alimentation à affirmer que la réutilisation des caisses de plastique pour le transport des denrées alimentaires « revenait à courir au désastre » et que les bactéries vivantes observées sur ces caisses représentaient « une preuve irréfutable ».

les caisses de plastique

L’étude la plus récente, coordonnée par le Dr Keith Warriner, professeur de microbiologie alimentaire à l’université de Guelph, a été menée à différents endroits en Colombie-Britannique (avec le Dr Siyun Wang de l’université de Colombie-Britannique), en Ontario et au Québec. Le Dr Warriner a aussi dirigé d’autres études canadiennes en 2013 et 2014. Ses résultats ont été reproduits et confirmés par des études panaméricaines de l’université de la Californie (Davis) et du Centre de sécurité alimentaire de l’université de l’Arkansas.

Certaines améliorations ont été notées lors de la dernière étude; l’absence de caisses brisées, par exemple, et un moins grand nombre de caisses portant des autocollants ou des étiquettes apposés par les utilisateurs précédents. Les transformateurs avaient commencé à retourner les caisses sales. L’incidence plus faible d’indicateurs fécaux pourrait être le reflet de meilleures pratiques de manutention, selon l’étude, mais le nombre total de caisses qui ne passent pas le test de numération bactérienne aérobique a augmenté. Ces résultats élevés sont inacceptables et ne sont pas conformes aux normes reconnues relatives aux surfaces qui entrent en contact avec les aliments, affirme le Dr Warriner.

Ce dernier fait remarquer que le principal fournisseur de caisses de plastique, IFCO, a refusé de dévoiler les normes ou les critères sur lesquels il se base pour juger de la salubrité d’une caisse depuis l’instauration des tests indépendants de caisses réutilisables en Ontario et au Québec en 2013. Les scientifiques du domaine de l’alimentation, les détaillants et les consommateurs doivent pouvoir être certains que les normes de désinfection sont basées sur des évaluations des risques appropriées, dit Warriner.

Il existe un autre problème, ajoute-t-il. Les caisses de plastique sont potentiellement porteuses d’organismes nuisibles et de phytoravageurs qui peuvent dévaster les récoltes des producteurs et être difficiles à irradier. La circulation relativement libre des caisses de part et d’autre des frontières constitue un maillon faible de notre système de biosécurité assurant la protection des cultures et des moyens de subsistance des agriculteurs, dit-il.

Les fruits et légumes bio, par exemple, sont largement considérés comme étant sans pesticides par le public. Cependant, des études récentes ont révélé la présence de pesticides sur presque la moitié des fruits et légumes frais bio. Les pesticides chimiques persistent beaucoup plus longtemps que les dangers biologiques, et s’ils sont présents, ils sont beaucoup plus difficiles à éliminer par le lavage.

 

REMARQUE : Le CEEPC est le représentant de l’industrie des caisses en carton ondulé pour les questions environnementales. Contrairement au système des caisses de plastique réutilisables, le système de caisses de carton ondulé permet de livrer tous les produits frais dans des boîtes neuves et désinfectées. Neuves ne signifie par qu’il faut couper des arbres. En fait, la plupart des caisses de carton ondulé faites au Canada sont faites à 100 % de matières recyclées qui proviennent en partie des caisses de fruits et légumes frais récupérées par les détaillants canadiens dans leur arrière-boutique et pour lesquelles ils reçoivent des sommes d’argent non négligeables.

Les caisses sont recyclées plusieurs fois au cours de leur vie et leur transformation en nouveaux produits est soumise à des normes strictes de contrôle des procédés. Au cours du procédé habituel de recyclage, la feuille de papier atteint une température variant entre 220 et 240  oF, c’est-à-dire bien au-dessus du point d’ébullition de l’eau (100 oC), soit la température requise pour la stérilisation. Le processus de transformation se fait aussi à haute température et requiert d’autres contrôles sanitaires.

En utilisant toujours de boîtes neuves, on minimise le risque de transmettre aux consommateurs des pathogènes et des bactéries indésirables. Une étude indépendante récente des caisses en carton ondulé utilisées pour le transport des fruits et légumes frais a démontré que le processus de fabrication du carton ondulé détruit les bactéries. Une autre étude publiée en février 2015 a révélé que chacune des 720 boîtes de carton ondulé fabriquées par six fournisseurs différents qui ont été testées dans les installations de six clients distincts dans trois différentes régions (le nord-ouest des États-Unis, la Californie et la Floride) a obtenu un niveau de désinfection acceptable.

La bonne nouvelle, la mauvaise nouvelle et la triste vérité à propos du recyclage domestique en Ontario

La bonne nouvelle, c’est que les taux de récupération déclarés pour presque toutes les catégories de matières recyclables recueillies dans les boîtes bleues de l’Ontario ont augmenté au cours des 13 dernières années, jusqu’ à 20 points de pourcentage dans certains cas. La mauvaise nouvelle, c’est que plusieurs catégories ont fait bien peu de progrès et traînent loin derrière les autres, et que les taux de récupération véritables sont beaucoup plus bas que les taux déclarés.La triste vérité

Voici les notes que nous accordons à chaque groupe de matière recyclable d’après les données les plus récentes publiées par Intendance Ontario. Notez que nous ne visons pas à porter un jugement sur la valeur de chacune des matières, mais plutôt à évaluer dans quelle mesure on parvient à les récupérer grâce au système des boîtes bleues en Ontario. Il y a de toute évidence beaucoup de progrès à faire.

 


PAPIER IMPRIMÉ                                                            A 

Le papier imprimé a toujours été en tête de peloton. Son taux de récupération déclaré, qui était de 67 % en 2003, a aujourd’hui grimpé à 82 % (2015). Le taux de récupération des vieux journaux et des vieux annuaires téléphoniques est dans les 90 %. Un peu derrière, le papier d’impression et d’écriture tire la catégorie du papier imprimé (Autres imprimés) vers le bas avec un taux de récupération qui, après avoir varié entre 39 et 59 %, s’établit maintenant à 55 %.

EMBALLAGES  DE VERRE                                           B+

Le taux de récupération déclaré de 80 % du verre transparent et coloré est impressionnant. Par le passé, on nous répétait invariablement que le verre aboutissait au dépotoir ou qu’il était utilisé comme remblais pour les routes. Au-delà du discours voulant que le verre se brise au cours du processus de collecte et qu’il contamine ainsi quantité d’autres matières recyclables, il semble que la récupération du verre se porte bien. Une bonne partie du verre récupéré se retrouve actuellement dans les abrasifs et les matières filtrantes plutôt que dans les usages plus haut de gamme comme la fibre de verre et le cullet, qui doivent répondre à des exigences de qualité plus élevée.

EMBALLAGES DE PAPIER ET DE CARTON                B 

Les vieilles caisses de carton ondulé ont le taux de récupération le plus élevé de toutes les matières recueillies dans les boîtes bleues (98 %). On observe un taux plus bas pour les autres cartons : le taux de récupération des cartons à pignon a bondi de 10 à 61 %, et le carton pour boîtes est récupéré à 43 %. Viennent ensuite les cartons aseptiques (faits de papier, plastique et aluminium) et les laminés. Le taux de récupération relativement faible du vieux carton pour boîtes est préoccupant. Celui-ci avait atteint 65 % en 2008, mais il a chuté à 43 % par la suite. Intendance Ontario a fait une campagne publicitaire  sur la récupération du carton axée sur les boîtes de dentifrice, les tubes des rouleaux de papier hygiénique, les boîtes de papier mouchoirs et les autres emballages de produits d’hygiène personnelle en 2015.

EMBALLAGES EN ACIER                                                B 

Le taux de récupération le plus récent pour les boîtes à denrées en acier (nourriture et boissons) est un respectable 71 %. D’autres emballages en acier comme les aérosols et les pots de peinture tirent vers le bas l’ensemble de la catégorie des emballages en acier (10 %). En fait, les pots de peinture sont les seuls emballages récupérés dans les boîtes bleues ayant connu une diminution du taux de récupération au cours des 13 dernières années.

EMBALLAGES  EN ALUMINIUM                                  D 

Le faible taux de récupération déclaré pour les contenants de nourriture et de boissons en aluminium en Ontario (42 %) a toujours été une sorte d’énigme et il a souvent comparé de manière défavorable aux taux beaucoup plus élevés (entre 61 % et 97 %) déclarés dans les provinces canadiennes qui pratiquent la consigne. L’une des explications possibles est que le taux de récupération des canettes en Ontario se rapporte uniquement aux canettes qui sont à la maison et qu’il n’inclut pas celles qui se trouvent dans les lieux publics, les bureaux et les usines. Les responsables de l’aluminium ont aussi indiqué des ventes aux ménages inférieures de quelques 13 % en 2015 aux données qui étaient habituellement suggérées à la suite de différentes vérifications des déchets domestiques. Mais même en tenant compte de cette différence, le taux de récupération déclaré atteint seulement 48 %. Il serait étonnant que les chasseurs de trésor qui fouillent dans les boîtes bleues ramassent les 52 % qui restent.

EMBALLAGES  DE PLASTIQUE                                     D 

Le taux de récupération déclaré pour les emballages de plastique a atteint 32 % en 2015. Le taux le plus élevé était celui des bouteilles en PET (66 %) et la plus grande augmentation au fil des ans provient de la catégorie « Autres plastiques », avec un taux de récupération déclaré d’une bouteille sur trois à l’heure actuelle. Cependant, si on exclut les bouteilles en PET et en PEHD, les taux de récupération du plastique sont faibles.


La triste vérité, cependant, en ce qui concerne tous les taux déclarés de récupération des boîtes bleues ontariennes, c’est qu’ils ne reflètent pas la réalité. Ce sont essentiellement des données sur ce qui est envoyé au recyclage qui se rapportent dans la plupart de cas à ce qui a été envoyé vers un marché de destination par une usine de recyclage ou installation de récupération. Ces taux de « récupération » ne sont pas corrigés en fonction des différentes pertes de rendement qui se produisent lors de la transformation en nouveaux produits des matières recueillies et ne tiennent pas compte des contaminants retirés (et normalement envoyés au dépotoir) avant le début du processus de transformation.

Par exemple, il faudrait réduire d’au moins 10 % toutes les données relatives au papier parce que les fibres de papier rétrécissent au cours du processus de retrituration. Lorsqu’une municipalité envoie 100 tonnes de papier à une usine de recyclage de papier, on retrouve seulement 90 % de cette matière à la sortie. Par ailleurs, en raison du mode de collecte unique, la contamination par le plastique, le verre et le métal des ballots de papier est beaucoup plus grande. Ça se retrouve habituellement au dépotoir. Il faudrait aussi réduire d’environ 30 % le taux de récupération déclaré des bouteilles de PET puisque les rendements du PET sur le marché de destination atteignent au mieux entre 60 et 70 %.

La récente tentative de l’Association canadienne de normalisation de débattre de cette question et d’établir une définition du recyclage ne répond pas à nos attentes et c’est l’une des raisons pour lesquelles le CEEPC est en train de développer une façon plus précise et réaliste d’évaluer quels produits de papier sont réellement recyclés en Ontario.

 

P.-S. Dans notre dernier blogue sur les Boîtes bleues, nous avons affirmé que «plus de 75 %» de ce qui a été recueilli dans les boîtes bleues de l’Ontario en 2015 était une forme ou une autre de papier. Le «fait alternatif» est 74,55 %. Pas loin, mais inexact. Désolé!

 

Reported Recovery Rates

 

Source: Analyse du CEEPC    à partir des données de 2003 à 2015 d’Intendance Ontario sur le programme des boîtes bleues.   

Rien n’est 100 % recyclable ou 100 % compostable

Les mentions 100 % recyclable et 100 % compostable semblent proliférer ces temps-ci. Ces déclarations sont-elles vraies? Sont-elles légales? S’agirait-il plutôt d’une nouvelle façon de verdir son image?

Il n’est pas surprenant que la confusion règne chez les consommateurs nord-américains, car dans le langage courant, les mots « recyclable » et « compostable » peuvent avoir trois sens différents :

  • Le produit est techniquement recyclable ou compostable, ce qui signifie qu’il peut physiquement être défait en vue du recyclage ou déchiqueté pour le compostage.
  • Ces matières sont aptes à la cueillette, ce qui signifie que la municipalité ou le fournisseur de service accepte qu’on les mette dans le bac de compostage ou de recyclage pour qu’elles soient ramassées.
  • La matière ou le produit est déjà communément recyclé ou composté.

Ces trois sens sont passablement différents, mais le seul sens qui compte pour le Bureau de la concurrence du Canada en matière d’étiquetage environnemental, et c’est ce dont il est question ici, c’est si le client peut envoyer ou non le produit ou la matière au recyclage ou au compostage. Le fait que la matière ou le produit puisse techniquement être défait ou composté n’a pas d’importance et son taux de recyclage ou de récupération réel n’a pas d’importance non plus (il s’agit d’une tout autre question). Ce qui compte, c’est le nombre de Canadiens qui ont accès au recyclage (ou au compostage) de ce produit ou de cette matière.

Le Bureau de la concurrence a établi des lignes directrices sur la façon dont cet accès est déterminé et sur l’usage des mots : « Il est donc recommandé de réserver les déclarations de “recyclable” [ou compostable] non assorties d’énoncés limitatifs aux situations où au moins la moitié de la population a accès à des installations de collecte. » Si moins de la moitié de la population y a accès, les déclarations doivent être qualifiées : « (…) il faudrait, chaque fois que c’est possible, indiquer les endroits où trouver des installations ou des programmes de recyclage. » (article 10.1.3)

Les mentions sur le recyclage et le compostage sont basées sur l’étendue de l’accès des consommateurs aux installations de compostage et de recyclage. Si l’on ajoute 100 % devant ces deux mots, cependant, la question prend une tout autre dimension. Nous ne sommes pas des avocats, mais selon nous les expressions « 100 % recyclable » ou « 100 % compostable » peuvent manifestement amener les consommateurs à penser que 100 % des Canadiens ont accès au recyclage (ou au compostage) de ce produit ou de cette matière. Ce n’est pourtant pas vrai du tout.

Rien n’est 100 % recyclable ou 100 % compostable

Bien que la plupart des Canadiens vivent dans des villes et des municipalités qui ont accès à des installations de recyclage et de compostage, un nombre faible mais significatif de personnes vivant dans des régions plus éloignées n’ont pas et n’auront probablement jamais facilement accès au recyclage et au compostage. Par conséquent, il est peu probable que 100 % des Canadiens y aient accès un jour. C’est pourquoi nous disons dans l’industrie de l’emballage de papier et de carton que pratiquement tous les Canadiens ont accès au recyclage des emballages de papier et de carton. Les chiffres précis sont 96 % dans le cas des caisses en carton ondulé et des sacs de papier, et 94 % dans le cas des boîtes de carton, selon une étude indépendante de tierce partie.

Par conséquent, tous ceux qui ajoutent 100 % devant les mots recyclage ou compostage ne respectent pas, selon nous, les lignes directrices terminologiques du Bureau de la concurrence et s‘exposent à être poursuivis pour publicité mensongère. Ils contribuent à augmenter la confusion qui règne actuellement chez les consommateurs quant au sens des mots recyclable et compostable. Pire encore, ils se complaisent délibérément dans ce qui se résume à de l’écoblanchiment. Le fait d’indiquer qu’un produit est 100 % recyclable ou 100 % compostable sur son étiquette ne contribue-t-il pas à diluer et à miner l’ensemble des critères d’accès sur lesquels est fondé l’usage actuel des mots? Aurions-nous tort à ce sujet?

cc: Bureau de la concurrence du Canada

Du papier, du papier partout et pas une seule rognure à perdre

Chaque jeudi soir je me bute à deux questions qui vont de pair, celle de la consommation et celle de la gestion durable des matières résiduelles ou, autrement dit, à cette nouvelle marotte des gouvernements qu’est « l’économie circulaire ». Car le jeudi soir, c’est le soir du recyclage.

Je fais d’abord le tour des chambres et des salles de bain pour ramasser les rouleaux de papier de toilette, les vieilles boîtes de papier mouchoir, les feuilles de papier et les enveloppes. Dans la cuisine et la salle à manger, je prends la boîte de recyclage dans laquelle nous mettons les journaux, les cartons, les boîtes de conserve, les pots de verre et les bouteilles, puis j’attrape le sac de déchets alimentaires (fait de papier compostable, évidemment) qui se trouve sous l’évier et le petit sac poubelle qui contient le reste des déchets. Je vais ensuite dans le garage pour sortir les gros bacs (cette semaine, c’est le recyclage et le compostage) et les rouler jusqu’au trottoir pour la cueillette du lendemain matin. En tout, ça me prend cinq ou dix minutes. Je suis content de poser ces gestes et d’apporter ma petite contribution à l’économie circulaire.

Ce que je retiens de cet exercice, c’est que l’éducation et la commodité sont essentielles. J’ai déjà entendu dire, et c’est très vrai, que le réacheminement des déchets dépend seulement d’un petit coup de poignet au moment crucial où l’on choisit de mettre quelque chose au recyclage ou au rebut. Si c’est plus facile de mettre l’objet au rebut, c’est le chemin qu’il prend et il y reste la plupart du temps.

Je porte un intérêt particulier à l’amélioration de la récupération du papier et du carton et le système des boîtes bleues de l’Ontario fonctionne très bien en ce sens, car près des trois quarts des produits de papier sont envoyés au recyclage. Cependant, il y a encore beaucoup de papier qui échappe à la cueillette, principalement les vieilles boîtes de carton (comme les boîtes de céréales et les boîtes à chaussure) et le papier d’impression et d’écriture.

Si la majeure partie (disons 85 %) de ce papier parfaitement recyclable que l’on jette était plutôt recueilli et envoyé au recyclage, la récupération du papier et du carton dans les boîtes bleues atteindrait un taux incroyable de 96 % et le taux de récupération total des boîtes bleues de l’Ontario passerait de 64 % actuellement à un taux impressionnant de 78 %. Je vous assure que c’est possible si chacun d’entre nous s’y met!

Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas de marchés stables pour les différents produits de papier. Il y en a. En fait, ce sont les usines d’emballage du sud de l’Ontario qui ont engendré le mouvement de récupération du carton pour boîtes en Amérique du Nord dans les années 1990. Il y a vingt ans, la collecte du carton pour boîtes était inexistante alors qu’aujourd’hui pratiquement tous les Canadiens (94 %) peuvent le recycler. Il s’agit d’une impressionnante réussite.

Non, contrairement à ce que certains représentants du gouvernement prétendent, ce ne sont pas les marchés qui posent problème, mais la cueillette. Nous ne recueillons pas assez de produits de papier domestique parce que c’est trop facile de les jeter du revers du poignet. Comment inciter nos concitoyens à choisir le bon bac?Education

Il faut miser sur l’éducation. La Colombie-Britannique fait des envieux avec son nouveau programme de boîtes bleues et sa liste standard des matières qui sont acceptées dans l’ensemble de la province. Imaginez! Un seul message cohérent sur le recyclage pour toute la province. Ne serait-ce pas formidable? Fin de la confusion, diminution de dépenses de promotion, meilleur taux de récupération.

En même temps, il faut faciliter l’utilisation du système des boîtes bleues. Les municipalités et leurs fournisseurs de services ont été très créatifs à cet égard. En effet, ils encouragent le recyclage en faisant payer les sacs poubelle ou les poubelles et en limitant le nombre de sacs poubelle qu’il est permis de déposer en bordure de rue et/ou en réduisant la fréquence de la collecte des déchets. Décourager la mise au rebut pour inciter à recycler. C’est excellent. Par ailleurs, il faut reconnaître que les immeubles à logements représentent un problème particulier, car il est beaucoup plus facile d’utiliser la chute à déchets que de mettre les matières recyclables de côté, puis de les descendre en ascenseur pour les déposer dans le bac de recyclage.

Il faut pourtant éduquer les Canadiens pour qu’ils sachent que la plupart des produits de papier sont parfaitement recyclables, qu’il existe des marchés durables à long terme pour ces produits et que la plupart des boîtes de carton fabriquées au Canada, par exemple, sont déjà faites à 100 % de matières recyclées et que l’industrie a besoin du papier et du carton des ménages comme matière première pour fabriquer de nouveaux emballages. Il faut aussi qu’ils sachent que le recyclage crée des emplois locaux et des revenus publics, que la récupération du papier et du carton est un excellent exemple d’économie circulaire et que l’objectif de zéro déchet auquel, souhaitons-le, nous aspirons tous est dans notre intérêt collectif.

Les gouvernements provinciaux ont aussi un rôle essentiel à jouer en faisant sortir une plus grande quantité de papier du flux de déchets. Les gouvernements disent depuis des années à l’industrie des emballages de réduire, de réutiliser et de recycler. Et c’est ce qu’elle fait. Mais devinez quoi? Les provinces peuvent faire quelque chose elles aussi, quelque chose que l’industrie ne peut pas faire. Elles peuvent interdire l’élimination de certaines matières dans les sites d’enfouissement.

Pourquoi pas? Ce n’est pas comme si ça n’avait jamais été fait. La Nouvelle-Écosse et l’île du Prince-Édouard interdisent les produits de papier dans les dépotoirs depuis des années. Une telle mesure ne serait-elle pas le meilleur moyen de dire à tout le monde que le papier ne doit pas se retrouver dans les sites d’enfouissement, qu’il s’agit d’une matière première précieuse, qu’interdire les produits de papier dans les dépotoirs permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et d’atténuer les changements climatiques? N’est-ce pas ce que nous sommes tous censés faire?

L’auteur anglais Charles Dickens avait en son temps décrit la politique comme l’art de se précipiter nulle part en toute hâte. Nous aimerions que certains gouvernements (d’accord, l’Ontario en particulier) se précipitent quelque part rapidement (indice : interdire l’élimination) encore plus hâtivement! Pour le moment, la province ne considère même pas d’interdire l’élimination du papier dans les sites d’enfouissement avant « 2019 et au-delà ». Ce qui se trouve commodément à être après la date prévue des prochaines élections. Ils devraient avoir honte! Dépêchons!

 

Le papier domestique qui ne devrait pas être mis à la poubelle

(les 26 % non recueillis dans les boîtes bleues)

L’histoire des emballages de papier et de carton au Canada

Il est parfois intéressant de faire un retour sur le passé. Voici ma contribution à un livre publié récemment sur la fabrication du papier depuis un siècle au Canada.

Lightweight, Recycled, Sustainable: the Story of Canada’s Packaging Grades

The last 100 years of packaging in Canada have seen the replacement of heavy wooden crates with lighter corrugated boxes, and the rise of plastic and composite packaging, mainly at the expense of glass. While not immune to attacks from both inside and outside the industry, the paper packaging sector has chugged along, with the recent growth in e-commerce giving the corrugated box a timely boost.

The period has witnessed major shifts in product delivery: the decline in movement of goods by rail in favour of more “just-in-time” shipping by road; and changing demographic and consumption patterns: more people in towns and cities, an ageing population with different packaging requirements, more and smaller households (independent servings), and the rapid growth of the fast-food industry and convenience..  Read the rest of my article here

 

To purchase your own copy of this book:   PAPTAC- 100 Years of Knowledge Connections

C’est encore la faute de l’emballage (soupir)

Il ne fait aucun doute que certaines marchandises sont suremballées et qu’il y aurait moyen de réduire la quantité d’emballages de papier, de verre, de métal et de plastique qui se retrouvent dans les foyers des consommateurs. Mais même si l’on continue à tout mettre sur le dos de l’emballage, ce n’est qu’un aspect de la question. Pour parler franchement, nous, les habitants des pays prétendument développés, mangeons, buvons et achetons beaucoup trop.

Le véritable enjeu, c’est la consommation, et non pas les emballages qui l’entourent. En tant que consommateurs, cependant, nous avons de la difficulté à limiter nos achats. C’est tellement plus facile de pointer du doigt les emballages qu’on laisse derrière.

Par exemple, une lettre anonyme adressée au rédacteur en chef du magazine Solid Waste & Recycling souligne le nombre croissant d’emballages pratiques pour les fruits et légumes frais (sacs de plastique pour les poivrons, boîtiers de plastique pour les fines herbes, sacs de plastique à poignées pour les raisins). L’auteur(e) de la lettre se plaint du fait que ces emballages supplémentaires augmentent les coûts de traitement des déchets pour les municipalités. Il s’agit d’un argument raisonnable.

Par contre, il ou elle va trop loin selon nous en attaquant les emballages en général. « Nos flux de déchets sont remplis d’emballages inutiles qui pour la plupart ne sont ni recyclables ni compostables », peut-on lire dans la lettre.

Attendez une minute! Lorsque vous parlez des emballages de produits frais comme les poivrons, les fines herbes et les raisins, vous avez peut-être raison, même si nous pensons qu’on pourrait débattre de ce que « nécessaire » signifie vraiment.

Mais quand vous élargissez la question à l’ensemble des emballages, vous jetez tout dans le même panier. Si l’on met de côté le débat sur ce qui doit être considéré comme nécessaire ou non, on ne peut pas dire que les emballages ne viennent pas engorger nos flux de déchets de toutes parts. Selon l’enquête nationale la plus complète jamais menée sur les emballages, ceux-ci ne représentent que 13 % de l’ensemble des déchets solides[1]. Ça compte, mais on est loin de l’engorgement.

Solid Waste

Cette enquête a été menée par Statistique Canada pour le Conseil canadien des ministres de l’environnement (CCME)[2] et elle date certes d’une vingtaine d’années, mais il n’y a aucune raison évidente de croire que ce pourcentage serait très différent s’il était mesuré aujourd’hui. Certains (notamment le ministère ontarien de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique)[3] affirment certes que ce pourcentage est plus élevé, mais ils changent le dénominateur en se basant sur une définition beaucoup plus restrictive des déchets solides.

C’est l’affirmation selon laquelle « la plupart ne sont ni recyclables ni compostables » qui nous fait réellement sursauter. Encore une fois, si l’auteur(e) parle de certains emballages de fruits et légumes frais en particulier, il ou elle a peut-être raison.  Mais la plupart des emballages utilisés au Canada sont recyclables[4] et ils sont en grande partie compostables, particulièrement lorsqu’ils sont en papier. À savoir s’ils sont réellement recyclés et compostés, c’est là une autre question et un bon argument en faveur de la publication de nouvelles données nationales plus complètes et à jour.

 

 

[1] Blogue du CEEPC sur les logos de recyclage, etc. du 17 novembre 2014 (en anglais seulement).

[2] Blogue du CEEPC, Flash Infos du 25 mars 2014

[3] Blogue du CEEPC (Ontario) du 14 mars 2014 (en anglais seulement)

[4] Protocole national sur l’emballage Rapport final